Nous sommes le lundi 10 septembre 2001, hier tu es sorti d'hospit, ce connard de pédiatre ne voit pas ce que tu as, ironise et insinue que tu simules!! pauvre type va...
Tu sais mon amour, les dates sont revenues, depuis quelques jours déjà, je revis ton calvaire, ça commence toujours début septembre, normal tu vas me dire puisque tu es allé aux urgences le 8, mais bien avant ça les douleurs t'empêchaient de dormir mais le médecin lui non plus ne voit pas ce que tu as.. mais merde il suffisait de t'envoyer à reims puisqu'ils étaient incompétents!!!! mais personne ne l'a fait, ils t'ont laissé souffrir le martyre sans même se dire que tu avais peut etre quelque chose de grave.
pffffffffffffffff on dirait que le cancer chez les enfants n'existe pas, à chaque fois c'est la même chose, je l'ai vu dans les témoignages de mamans désenfantés, on nous laisse avec nos enfants amaigris, incapables de dormir, d'être soulagés, on nous renvoie à la maison avec de l'aspirine et nous faisant croire que "cela va passer".... dans quel monde vivons nous???? de toute façon les cancers des enfants ne sont même pas reconnus dans les stat!!!!
Je suis fatiguée mon ange, très fatiguée de cette vie, si fatiguée... me pose sans arrêt cette question "à quoi me sers de vivre???? " je n'ai pas d'avenir, rien qui me laisserais entrevoir une sorte de bonheur.... dis mon poussin tu pourrais pas faire quelque chose pour moi??? je ne sais ps, un truc comme avancer l'heure du départ... non je sais que tu ne peux pas alors mon doudou aide moi à supporter cette vie sans toi, à continuer de croire qu'un jour tu reviendras parce que si je ne peux plus croire à ton retour il ne me reste plus rien...
je t'aime mon doudou
demain... tu te rappelles, nous étions tout les deux en train de regarder un film quand.... ce putain de 11 septembre.... tu avais si mal, et moi qui t'ai dit "va te coucher doudou tu auras peut etre moins mal" quelle idiote je suis... je ne vaux pas mieux que ces toubibs à la con qui pensaient que ca allait passer..
pardon mon ange mille et mille fois pardon